2.2.10

Le baiser

LE BAISER

Le serpent d'or blanc
S'est enroulé autour de mon doigt
Alors ta langue incandescente
Transperce ma tête

Mes bras comme des lianes
Plongent en ton sable infini
Et savoureux tel un parfum
Oublié depuis mille ans

Nos iris se confondent
En une danse bariolée
Et l'eau se déverse
Sur nos lèvres desséchées

L'océan rouge sang
De nos envies d'écume
Sonne froid et mat
Comme le marbre désabusé

Oh, je sais trop bien
Que bientôt je me tais
Mes mots trop vains, demain,
Auront le goût du rêve

Déjà, le serpent d'or blanc
Bien blotti autour de mon doigt
Me fixe de ses yeux immaculés
Et soudain mord le bout de ma langue